Confirmation

Deux semaines après sa première communion, le 10 avril 1917, un mardi de Pâques, Anne reçut le sacrement de confirmation des mains de Mgr Henri-Louis Chapon, alors évêque de Nice. Elle a reçu ce sacrement très jeune, non pas par une disposition dérogatoire mais parce que la coutume à l’époque était de donner la confirmation peu de temps avant ou après la première communion.

Sous la motion de l’Esprit

« La vie d’Anne, désormais, va demeurer d’une manière simple et constante sous la motion de l’Esprit. “Je n’ai jamais vu rien de comparable à l’action que le Saint-Esprit opérait en elle”, a témoigné Mère Saint‑Raymond.

Et sa mère a pu affirmer : “Cette enfant vivait toujours en présence de Dieu.”

Le comportement habituel d’Anne est une preuve manifeste de l’attraction divine et de la docilité avec laquelle Anne y répond.

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Mère Saint-Raymond, catéchiste d’Anne
(Archives Sœurs Auxiliatrices)

À l’une de ses cousines, elle avoue :

– Le bon Jésus m’aime beaucoup, et je l’aime aussi beaucoup.

“Ce que je disais au catéchisme, témoigne Mère Saint‑Raymond, répondait en elle à la parole intérieure, aux désirs, aux besoins, aux aspirations de son âme. Elle avait déjà compris ce que je lui enseignais, pour l’avoir expérimenté : ma parole n’était qu’une projection verbale de sa vie intérieure.”

On a trouvé plusieurs fois l’enfant agenouillée sur une marche d’escalier au cours de la journée. On lui demande ce qu’elle fait là :

– Je remercie Jésus de ce qu’il veut bien venir dans mon cœur.

Ou bien on l’entend murmurer, au milieu d’une occupation, un jeu, qu’elle abandonne un instant : Merci, Jésus. […] »

L’action divine va réaliser en elle en peu de temps ce que des années d’efforts humains n’auraient pas pu accomplir. C’est bien ce que souligne Mère Saint‑Raymond : « Tant de vertus ne s’expliquent pas humainement. Il fallait que l’Esprit Saint fît toutes ces merveilles, parce que jamais une enfant n’aurait eu la force d’être aussi constante dans l’amour de la perfection. » Et, reprenant ces paroles du confesseur d’Anne : « L’Esprit Saint faisait tout ce qu’il voulait dans cette petite âme », Mère Saint‑Raymond conclut : « Ce mot explique tout ! »2

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Image de Première Communion
(Archives Sœurs Auxiliatrices – cote 1J589)

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Retrouver la pratique ancestrale de l’Eglise4

Dans la préface qu’il a donnée au livre de Marie-Dominique Poinsenet, paru en 1953, Sous la motion de l’Esprit : Anne de Guigné, Mgr Henri Dupont, évêque auxiliaire de Lille, écrit :

« Ce récit […] intervient à son heure au moment où la plupart des diocèses de France décident d’en revenir à une ancienne pratique et de donner la confirmation aux tout jeunes enfants dès l’éveil de la raison. […] Pour justifier ce qu’il convient de nommer non pas une réforme, mais l’abandon d’une pratique que déjà Léon XIII dénonçait comme contraire à l’ancienne et constante discipline de l’Église et au bien des fidèles, aucun plaidoyer ne me paraît plus convaincant que la présentation de cette vie d’enfant qui semble s’être déployée “sous la motion de l’Esprit-Saint”. »

Dans la réalité et malgré les recommandations du Concile Vatican II sur la question, la pratique de donner la confirmation à l’adolescence a perduré. Ainsi, en 1986, la Conférence des évêques de France écrivait dans son Bulletin officiel : « À la décision de chaque évêque dans son diocèse, l’âge de la confirmation pourra se situer dans la période de l’adolescence, c’est-à-dire 12-18 ans. »3 Avec un résultat connu : beaucoup de jeunes abandonnent le contact avec la vie de foi avant même d’être confirmés.

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Confirmation au diocèse d’Avignon

Depuis quelques années, plusieurs diocèses dans le monde et en particulier en France reviennent à un âge plus précoce pour le sacrement de confirmation en veillant à respecter l’ordre des sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation et Eucharistie. Puissent ces dispositions s’étendre à tous les diocèses et permettre ainsi une nouvelle floraison de sainteté.

2 Déposition de Mère Saint-Raymond recueillie par le Père Lajeunie. La Vie Spirituelle, mai 1931.

3 Cité par Mgr Roland Minnerath, Quel avenir pour la confirmation ? Artège, 2016. p. 89.

4 Il existe une exception espagnole. En effet, la coutume en Espagne et dans d’autres pays de culture hispanique, est de conférer le sacrement de confirmation dans l’enfance dès l’âge de raison.

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