Enfance et Sainteté

Association Enfance et Sainteté

Entretien avec le Père Guilmard, o.s.b. (Zenit, le 18 octobre 2007)

Susciter « un peuple d’enfants capables d’entraîner leurs petits compagnons à la suite de Jésus », c’est ce que souhaitait Renée de Tryon-Montalembert, en fondant l’Association Enfance et Sainteté. L’Association Enfance et Sainteté organise des colloques, (Lisieux, Paray-le-Monial, Lourdes). Le père Jacques-Marie Guilmard, moine de Solesmes et vice-président de l’Association présente les objectifs des colloques, dans cet entretien avec Cécile Laurent.

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Cécile Laurent – Vous avez fondé une Association Enfance et Sainteté, dans quel but ?

Père J.-M. Guilmard – En 2005, Mlle de Tryon-Montalembert (+) et ses amis ont fondé une association. Pour la définir, je cite la fondatrice : « Il s’agit qu’au cœur du nouveau monde qui s’ouvre, puisse se lever un peuple d’enfants capables d’entraîner leurs petits compagnons à la suite du Seigneur Jésus qui aime les enfants, et de la Vierge Marie, mère et reine des tout-petits ». Dieu a mis dans le cœur des enfants sa grâce, et nous avons le devoir de la faire, sans attendre, fructifier en sainteté, c’est-à-dire en perfection de l’amour, selon le mode propre aux enfants.

Cécile Laurent – Comment l’organisation d’un colloque contribue-t-elle à la sainteté des enfants ?

Père J.-M. Guilmard – Chaque année depuis sa fondation, notre Association organise un colloque pour les familles, les éducateurs, les consacrés… Dès le début, le cardinal José Saraiva Martins, alors préfet de la congrégation des Causes des saints, a accepté de nous assurer son patronage. Un colloque comporte d’abord des enseignements ; c’est essentiel, si l’on veut conduire les enfants à la sainteté. En effet la formation doctrinale est indispensable pour structurer leur foi et construire leur personnalité intellectuelle et spirituelle. Il n’y a pas de sainteté sans une référence à la Révélation divine bien assimilée par l’intelligence, puis goûtée et prise en compte dans la vie de tous les jours. Mais un colloque, c’est aussi pour nous la constitution d’une “famille”. En effet, durant quelques jours, les participants sont réunis par l’Amour que le Cœur de Jésus a suscité en eux à l’égard des enfants. Des personnes, convaincues que la sainteté des enfants sauvera le monde et hâtera la parousie, mettent en commun leur foi, leur travail et leur prière. En parallèle, les enfants ont une retraite appropriée à leur âge, avec jeu, prière et enseignements. Ainsi, un colloque est une occasion, tant pour les enfants que pour les adultes, de se former, de réchauffer leur espérance et de se sentir en communion avec toute l’Église, au service de la sainteté des enfants.

Cécile Laurent – Mais la sainteté des enfants est-elle vraiment possible ?

Père J.-M. Guilmard – La plupart du temps, on sait bien que les enfants doivent être préparés à la sainteté, mais on pense implicitement que celle-ci ne sera atteinte qu’à l’âge adulte. En fait, l’Association Enfance et Sainteté tire son origine du rayonnement de la Vénérable Anne de Guigné, morte à 10 ans et demi. Son exemple, doux et prégnant comme un parfum, peut et doit être imité de tous les enfants du monde. La “sainteté” d’Anne était faite d’un équilibre entre la nature et la grâce, où son amour envers Jésus et son amour envers sa famille, les pauvres et surtout les pécheurs trouvaient une vigueur sans cesse jaillissante. L’héroïcité des vertus d’Anne de Guigné a été reconnue par Jean-Paul II. Mais, en fait, ils sont nombreux les enfants exemplaires qui attestent que la sainteté est possible dès l’âge le plus tendre : Nelly Organ en Irlande, la Vénérable Antonietta Meo (Nennolina) à Rome, Camille Paris en France, les bienheureux Jacinthe et Francisco au Portugal, la bienheureuse Laura Vicuña en Amérique du sud, et jadis le jeune roi saint Louis…

Cécile Laurent – Vous avez dit que la sainteté des enfants sauvera le monde. Comment est-ce possible ?

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Père J.-M. Guilmard – Les enfants sont d’abord prophètes de la sainteté comme l’a été saint Jean-Baptiste (cf. Lc 1, 76), puisque, selon l’affirmation du Seigneur : « Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent ». Ils montrent aux adultes avec une grande pertinence « l’esprit d’enfance » qui fait le fond du message de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. « J’ai perdu l’enfance, écrivait Bernanos. Je ne pourrai la reconquérir que par la sainteté… Quand le règne de Satan aura pris fin, nous redeviendrons enfants ». Les enfants ont en outre un ministère de sainteté en suscitant dans le cœur de leurs parents la paternité/maternité spirituelle qui fait tant défaut aujourd’hui. Bien sûr, ils sont aussi mission-naires auprès de leurs proches : frères, sœurs et camarades. Ainsi, les enfants sont des acteurs privilégiés dans l’accession à la sainteté. Mais c’est surtout par leur sainteté elle-même qu’ils sauvent le monde, car toute sainteté sauve le monde. Il y a une culture de mort, mais nous devons promouvoir une culture de la sainteté pour les enfants.

Cécile Laurent – Selon vous, pourquoi Jésus donne-t-il les enfants en exemple ?

Père J.-M. Guilmard – L’enfance est souvent définie par sa situation extérieure de pauvreté et de soumission ; elle est alors modèle de confiance, mais aussi d’humilité et d’obéissance. Toutefois l’enfant, c’est surtout le fils. L’enfant se définit avant tout par un état de fils, c’est-à-dire par une relation double qui fonde son identité : relation avec son père/mère de la terre (dont il reçoit la nature humaine), et relation avec son Père du ciel (dont il reçoit l’image), et c’est à ce titre qu’on aime les enfants. Tout enfant a une ressemblance éminente avec Dieu son Père, à travers Jésus, le Fils unique. Cette ressemblance est un trésor magnifique que Jésus nous donne en exemple et qu’il faut mettre en valeur !

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Cécile Laurent – Pourquoi avez-vous, au moins deux fois, organisé votre colloque à Paray-le-Monial ?

Père J.-M. Guilmard – Au 17e siècle, Paray-le-Monial fut le lieu des apparitions du Sacré-Cœur à Marguerite-Marie. Jésus a révélé à cette sainte les mystères de son Amour à la fois divin et humain. La ville de Paray est devenue un centre spirituel dont le rayonnement universel ne cesse de s’étendre. Le Cœur de Jésus nous révèle que Dieu est Amour par le fait même qu’il est un amour livré à la mort dans le Fils Jésus, et donc qu’il est un amour rédempteur. Dans le Cœur du Christ, nous avons ainsi une sorte de condensé de la foi. C’est Lui que nous ahttp://annedeguigne.fr/wp-content/uploads/2020/11/single-post-featured-image10.jpgs ; par Lui nous louons le Père ; Lui qui nous a sauvés, est l’objet de notre espérance.

Cécile Laurent – Pouvez-vous nous donner le programme d’un de vos colloques, par exemple celui de Paray-le-monial ?

Père J.-M. Guilmard – Volontiers. En 2007, nous avions choisi le thème : « Laissez venir à moi les petits enfants. » Les enfants ont une grande place dans le Cœur de Jésus. Il est pour eux la source de la vie de la grâce et de la sainteté. Cette vie qui commence par le baptême doit s’épanouir en sainteté dès l’enfance et se développer jusqu’à la gloire du ciel. Les conférenciers nombreux et variés parleront sur ce thème, par exemple Mgr Jean-Pierre Cattenoz, Mme Marie-Joëlle Guillaume, les Pères Edouard Marot, recteur du sanctuaire de Paray-le-Monial, Stan Rougier, Thévenin ou Labaky. Je note simplement que Mme Anne Alméras, la présidente de notre Association, parlera d’Anne de Guigné : cette fillette qui aimait tant Jésus, doux et humble de Cœur, peut guider les enfants à acquérir l’humilité et l’obéissance.

Renseignements sur le site de l’Association : Enfance et Sainteté

Site officiel de l’association

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