Première communion

Anne de Guigné a fait sa première communion quelques années après le décret Quam Singulari de Saint Pie X (8 août 1910) favorisant la communion précoce des enfants. Lui-même avait dû attendre l’âge de 12 ans pour faire sa première communion. L’héroïcité des vertus de la petite Anne est un des fruits de ce décret.

En octobre 1916, Nénette a la joie de commencer son catéchisme chez les Religieuses Auxiliatrices de Cannes. Alors qu’elle n’a rien de l’enfant surdouée pour les études profanes, elle montre une pénétration remarquable pour le catéchisme. Elle évolue avec une parfaite aisance, au milieu d’une vingtaine de petites filles, toutes plus âgées qu’elle. Elle les dépasse de sa jeune science.

Pour sa première confession, on lui recommande de ne pas être intimidée, elle s’écrie : « Avoir peur du prêtre ! Mais comment pourrais-je en avoir peur, puisqu’il tient la place de Notre-Seigneur ? »

La Supérieure des Auxiliatrices du Purgatoire juge qu’Anne est prête pour sa première communion. L’évêque, réticent, demande un examen sévère avant de l’admettre à la première communion. Un Père Jésuite l’interroge. Rien ne démonte la petite Anne qui a prié l’Esprit-Saint de toutes les forces de son cœur. Voici quelques-unes de ses réponses lumineuses :

« Quels sacrements avez-vous reçus ?

– Le baptême et la pénitence.

– Lesquels recevrez-vous ?

– L’Eucharistie, la confirmation.

– Et plus tard ?

– Peut-être le mariage.

– Et l’Ordre ?

– Oh ! mon Père, l’Ordre, ça c’est pour vous.

– Quels sont vos défauts dominants ?

– L’orgueil et la désobéissance. »

Nénette n’a pas encore 6 ans, mais elle a bien l’âge de raison et peut faire sa première communion !

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Chapelle des Religieuses Auxiliatrices de Cannes

Une seule chose lui importait avant ce grand jour : « avoir le cœur pur et remplir ses journées de petits sacrifices » (DA1 78). Son papa ne sera pas là, mais il l’assistera du haut du Ciel. Le grand jour tant attendu arrive enfin. La nuit du 25 au 26 mars 19172, Nénette ne dormit pas beaucoup et elle appela souvent le Bon Jésus. De son lever à la Messe, elle ne parla presque pas. Elle entra les yeux baissés dans la chapelle des Auxiliatrices et là, s’unissant de tout son cœur aux prières qu’on faisait faire aux enfants, elle demeura toute recueillie.

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Missel de première communion

La ferveur avec laquelle elle reçut la sainte Hostie ne peut se dépeindre, dit sa maman, mais sa douce figure laissait transparaître un bonheur idéal et parfait. (DA 79, 80 ; 86-87). Sa résolution de première communion : « Mon petit Jésus, je vous aime et, pour vous plaire, je prends la résolution d’obéir toujours ».

Mère Saint-Raymond a donné ce beau témoignage sur cette magnifique journée : « La joie de sa première communion fut inouïe… Ayant réuni tout ce petit monde, je leur dis : “Nous ne pouvions rien vous donner de meilleur puisque nous vous avons donné Jésus”. A ce moment, brilla dans les yeux de Nénette un éclair de joie que je n’oublierai jamais ».

Anne se consacra aussi à la Vierge Marie, le jour de sa première communion. Elle reçut le sacrement de confirmation, quelques jours plus tard, le 10 avril 1917.

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Puisse le centenaire de la première communion d’Anne faire découvrir aux parents, aux prêtres, aux évêques et à tous les éducateurs, l’importance d’éduquer les petits enfants, dès l’âge de raison, en vue de leur première communion. La petite Anne ne serait pas vénérable si elle n’avait pas fait sa première communion avant ses six ans ! Sa maman était convaincue qu’elle a vaincu ses défauts dominants (l’orgueil et la désobéissance) grâce à Jésus obéissant qu’elle recevait dans la Sainte Eucharistie. Nénette avait promis dans un billet : « Je serai toujours très sage pour faire plaisir au cher petit Jésus et pour faire plaisir à Maman. Le petit Jésus, il me semble qu’il m’a répondu dans mon cœur. Je disais que je voulais être bien obéissante et il m’a semblé que j’entendais : “oui, sois-le”. »

Vénérable petite Anne, donne-nous ta faim et ta soif de Jésus Eucharistie et apprends-nous à triompher de l’orgueil et de la désobéissance grâce à Jésus, doux et humble de cœur, que nous recevons dans la Sainte Eucharistie !

Père Bernard, supérieur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame.

1 A. Wihler et H. Moullin – Anne de Guigné, Documents authentiques.

2 Le 25 mars étant un dimanche en 1917, la fête de l’Annonciation se trouvait reportée au lendemain.

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