Première objection

Première objection

Anne de Guigné n’aurait-elle pas subi à un degré exceptionnel, l’influence du milieu privilégié dans lequel elle a vécu ? Cette éducation, fondée sur le devoir, n’équivaut-elle pas à une pression morale qui l’aurait dominée, enserrée comme dans une cuirasse trop rigide ?

Certes, le milieu dans lequel Anne a vécu était privilégié ! Qui donc le contesterait ? « Anne a grandi près d’un père modèle de piété, ardent, généreux, apôtre, un père qu’elle admirait. » En outre, elle descendait en ligne directe de saint Louis ! Elle avait donc bien « de qui tenir ».

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Mais, – nous citons “l’article 8” du procès informatif – « on ne peut objecter la condition d’Anne de Guigné ni faire appel à un tempérament exceptionnel, qui, dès sa naissance, l’aurait portée vers une charité facile. Anne, en effet, a vécu comme tous les enfants, entre les jeux et les devoirs scolaires, son temps était ainsi partagé.

Extérieurement, rien n’a marqué sa vie d’un signe éclatant. Orpheline à quatre ans, elle a passé son enfance en famille, jouant avec son frère, ses sœurs et les autres enfants, travaillant sous la direction d’une institutrice. Elle n’était pas une enfant prodige. Aucun don naturel extraordinaire ne faisait d’elle une petite fille exceptionnelle. Son intelligence était vive, réfléchie, mais point singulière ; elle a peiné sur ses problèmes, elle faisait des fautes d’orthographe…

Mais elle avait aussi des défauts et des défauts remarquables :

L’orgueil et la violence faisaient le fond mauvais de cette nature. L’enfant se montrait autoritaire, exigeante, entreprenante ; de là, sa difficulté à obéir, à céder, à s’effacer. Elle devra, pour se vaincre soutenir de grandes luttes. Elle était irascible et entrait dans de grandes colères. Elle se montra jalouse et exclusive dans ses affections, et trahit bien souvent son penchant naturel à la gourmandise. »

Tournons-nous maintenant vers les témoins directs de la vie de notre petite Servante de Dieu :

– Ecoutons tout d’abord sa catéchiste, la Mère Saint-Raymond : « “Mais cette enfant était dirigée, poussée”, m’a-t-on dit souvent. Non, je ne lui ai jamais fait aucune direction particulière ; on sentait que Dieu lui-même faisait son œuvre en cette petite âme. Ce n’était pas une enfant “surchauffée”, comme on pourrait l’imaginer ; d’ailleurs, on ne surchauffe pas un enfant… Mais c’est la grâce qui faisait tout, et elle suivait le mouvement de la grâce ; et plus elle donnait, plus le Bon Dieu lui rendait, et plus Anne redonnait encore. C’était un mouvement de perpétuels retours et de perpétuels accroissements d’amour. Et ainsi, en vérité, cette enfant bénie “courait dans la voie des commandements” parce que le Bon Dieu dilatait son cœur ».

– Et que dit son institutrice, Mlle Basset, dans ses “Notes personnelles”, écrites l’année même de la mort de sa petite élève ?

« Ce qu’il faut écarter à jamais, c’est de penser qu’Anne fut obligée de faire les sacrifices dont elle a rempli sa vie. »

« Madame de Guigné élevait ses enfants avec fermeté, mais, en même temps avec une tendresse et une douceur infinies. Cette âme d’enfant a recueilli les principes de la foi, donnés surtout par l’exemple et la pratique, merveilleusement parce qu’elle l’a voulu. La liberté lui fut toujours laissée pour accepter ou refuser le sacrifice qui se présentait… »

Le 4 juin 1967, Mlle Basset témoignait encore : « Madame de Guigné ne “poussait” pas ses enfants. La vérité était dite, et la liberté laissée, seulement un bel exemple les entourait et un jour où je demandais conseil à Madame de Guigné pour bien faire ce que je devais auprès de ses enfants, elle me répondit : “Il faut surtout prier” ».

Le 16 juin 1967, Mlle Basset ajoutait ceci : « En fait de “pression”, il n’y en eut pas ; mais certainement il y eut autour d’elle : l’exemple ».

C’est Nénette qui aura ici le dernier mot, pour nous dire ce qu’elle a voulu : « Tout ce qui est vrai, beau et bon ; tout ce que j’ai appris sur les genoux de Maman. »

Extrait de l’article intitulé Questions diverses – Réponses aux objections du R.P. Moullin dans le numéro de mars 1968 de la Revue du Rosaire.

Deuxième objection

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