Réponses aux objections

Première objection

Anne de Guigné n’aurait-elle pas subi à un degré exceptionnel, l’influence du milieu privilégié dans lequel elle a vécu ? Cette éducation, fondée sur le devoir, n’équivaut-elle pas à une pression morale qui l’aurait dominée, enserrée comme dans une cuirasse trop rigide ?

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Deuxième objection

Mais, du moins, la mort de son père, à l’âge où l’enfant est le plus réceptif aux chocs émotionnels, n’a-t-elle pas “marqué” Anne au point que l’on puisse craindre chez elle une obsession du sacrifice, un certain “masochisme”, dû, semble-t-il, à ce traumatisme affectif, créé dès sa plus tendre enfance et entretenu par la vue de la douleur de sa mère ?

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Troisième objection

L’emploi fréquent d’expressions puériles comme « le petit Jésus », « son cher Jésus », ne fait-il pas craindre qu’Anne de Guigné soit restée au stade d’une piété – non seulement d’enfant –, mais “infantile” ?

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Quatrième objection

Ne peut-on craindre qu’après cinquante ans, les faits et les paroles – en vérité stupéfiants – que l’on attribue à cette petite fille, n’aient été enjolivés, déformés, exagérés ? Bref ! Avons-nous en mains le visage authentique d’Anne de Guigné, dans ce qu’on nous dit de sa vertu, de sa piété, de sa sainteté ?

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