Témoignage d’une moniale

Anne, un modèle pour les contemplatifs ?

Au début des années 2000, une moniale bénédictine a reçu à sa prise d’habit un nom de religion inaccoutumé : Sœur Anne de Guigné. Interrogée par un membre de l’Association sur le choix d’un tel patronage, elle répond dans le texte ci-après, paru par ailleurs dans le numéro de septembre 2013 de la Lettre des Amis d’Anne de Guigné. Inutile d’ajouter qu’elle prie avec persévérance pour la béatification d’Anne.

Lors de ma vêture, en 2002, j’ai reçu le nom de Sœur Anne de Guigné avec l’habit bénédictin. Vous m’avez demandé pourquoi j’avais désiré ce patronage pour ma vie monastique, désir qui rejoignait d’ailleurs celui de Mère Abbesse. Pour vous répondre, il me faut d’abord expliquer rapidement comment j’ai connu la petite Anne. Alors que j’étais chef de patrouille scoute, mes guides émirent un jour le souhait d’avoir une sainte patronne, un modèle commun qui nous entraînerait sur ses pas. L’une d’elles proposa finalement Anne de Guigné et nous la présenta : nous fûmes conquises, immédiatement et unanimement !

Choisir le nom d’Anne comme nom de religion fut donc d’abord un moyen de garder un lien avec le scoutisme, qui a joué un grand rôle dans ma vocation en me préparant par son idéal à entrer dans « l’école du service du Seigneur » qu’est tout monastère de saint Benoît.

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Mais le principal motif du choix de ce patronage consiste en ce qui nous avait enthousiasmées, mes guides et moi : la conversion d’Anne. Enfin on nous présentait une enfant – donc assez proche de nous par l’âge – qui avait montré à l’origine un vilain caractère et avait su changer ! Cela devrait être pour nous la source d’une immense espérance ! Les saints ont trop souvent l’air d’être nés avec leur auréole, et l’on nous décrit parfois la vertu comme facile d’emblée, agréable et parfumée… Anne, elle, nous dévoile un rude combat dans les premiers temps pour correspondre à la grâce et pour se renoncer. « Tu crois que c’est amusant de ne jamais faire ce qu’on veut ? » Quel aveu touchant ! Pourtant elle a persévéré, et nous sommes consolés par la dilatation d’âme et le bonheur profond qui furent le fruit de sa lutte généreuse pour que Jésus soit tout en elle.

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Saint Benoît ne dit pas autre chose : « À mesure que l’on avance dans la bonne vie et dans la foi, le cœur se dilate et l’on se met à courir dans la voie des commandements de Dieu avec une ineffable douceur d’amour. » (Prologue de la Règle de saint Benoît).

Anne est d’ailleurs très proche de l’idéal bénédictin. Je puise en sa vie toute simple des exemples lumineux d’humilité, de charité, d’obéissance, de vie intérieure, de zèle pour la gloire de Dieu et d’amour de la liturgie.

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Anne est enfin un guide merveilleux qui nous introduit à l’esprit d’enfance. « Le moine est un enfant qui chante et qui joue », a dit un Père abbé. Alors, jouons comme des enfants en présence de Dieu et de ses anges, suivons la règle du jeu qu’est le bon plaisir divin, aimons filialement notre Père du ciel et fions-nous à Lui pour tout. « Pourquoi se tourmenter puisque Dieu est là ? »

« Je veux faire que tout aille bien.
Je vais faire que tout aille bien.
Je puis faire que tout aille bien,
Je sais faire que tout aille bien.
Et tu vas voir toi-même que tout ira bien. »
(Paroles de Notre-Seigneur à Julienne de Norwich).

Il nous est seulement demandé… d’y croire !

Site officiel de l’association

Les Amis
d’ Anne de Guigné

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